L'éditorial est assez bien fait:
http://www.economist.com/world/europe/displaystory.cfm?story_id=11534582
Pour la traduction, désolé si elle est un peu trop littérale et qu'elle ne soit pas grammaticalement correct mais l'éditorial est dur à traduire à cause du style employé qui est soutenu et très littéraire et aussi, le vocabulaire de la pêche m'est assez étranger.
Charlemagne
Fishy tales
Le 12 juin 2008
De l'édition imprimée de the Economist
Les gouvernement européens doivent ignorer les revendications des pêcheurs— dans l'intérêt de l'industrie de la pêche
Il est dur d'entendre des arguments rationnels sous le vacarme des verres brisés, des canons à eau et d'une voiture en train d'être retourné. heureusement, les pêcheurs qui ont récemment manifesté devant la commission européene pour se plaindre des prix du carburant n'ont maintenu qu'unesimple liste de griefs (avant que les protestations ne se délitent dans l'habituel charge à coups de batons et fasse volet en éclats les fenêtres du bâtiment de la commission).
Les pêcheurs sont en grève,marchant sur les capitales et bloquant les ports de toute l'Europe. En général, ils veulent trois choses. Premièrement, ils veulent des subventions pour réduire les prix du diesel marin de 40% voir plus. Deuxièmement,ils veulent des quotas plus larges pour attraper plus de poissons. Et troisièmement, ils se plaignent de ne plus pouvoir assurer leurs coûts qui vont croissant. Ils rendent responsable les importations bon marché (qu'ils veulent contrôler) and le système de vente de la pêche pratiquées dans les enchères sur le quai, qui d'après eux donnent trop de pouvoir aux acheteurs (ils veulent une enquête sur ces derniers).
A une exception près, toutes ces idées sont détestables. Un représentant des pêcheurs à Bruxelles a déclaré que seul un pétrole moins chers pouvaint donner à l'Europe une “industrie de la pêche viable”. La vérité est complètement à l'opposé. En effet le diesel marin est déjà subventioné parce qu'il est détaxé. Plus de subventions réduirait déjà la maigre chance pour l'Europe d'avoir enfin une industrie de la pêche viable. Augmenter les quotas serait encore pire. D'après la commission 88% des réserves de l'UE sont "surpêchés", à comparer avec une moyenne mondiale de 25%. Et contrôler les importations n'aurait pas de sens. La plupart des poissons consommés dans l'UE sont importés, et cela restera ainsi, cela fait depuis longtemps que la demande est supérieure aux ressources internes de l'UE.
Il serait irresponsable pour les gouvernements européens de céder à ces demandes. Malheureusement, quand il s'agit des pêcheurs, les gouvernements européens ont montré une lâcheté abjecte depuis des années. Cette industrie a une influence politique supérieure à sa taille(Vous pourriez faire asseoir tous les patrons de bateau de pêche d'Europe dans un seul stade de foot). Ceci pour des raisons diverses: la pêche est concentrée dans les régions cotières avec peu d'autres métiers évidents; quelques pêcheurs sont préparés à des manifester violemment pour des fins politiques; Ils font tous un métier romantique à l'allure dangereuse. Un gouvernement qui résiste face aux pêcheurs semble malveillant pour des millions d'électeurs qui n'ont jamais touché de filets de leur vie.
Voici quelques choses que les ministres de la pêche n'ont pas le courage de dire en public . Actuellement, il y a peux de bateaux de pêche, mais cela ne signifie pas que les pêcheurs sont en voie d'extinction. Aujourd'hui les bateaux sont plus performants, avec des moteurs, des coques et des filets plus efficaces ainsi que des engins électroniques qui les mènent droit vers les poissons. En général, il y a 2% de bateaux "technologiquement obsolètes" par an. Et même si les résèrvres de poissons étaient stables (which they are not), l'Europe aurait besoin de se débarasser beaucoup de bateaux chaque année pour maintenir une industrie de la pêche viable.
Au lieu de cela, ils ont fait l'opposé, ils soutiennent les flottes qui sont entre 20 et 60% trop grandes . Et trop de gouvernements ont quand même essayé de redresser ce cercle en faisant pression pour augmenter les quotas. Ce qui a enfermé les pêcheurs dans une spirale suicidaire. Des décennies de prises décroissantes ont incité les pêcheurs: à voyager plus pour remplir leurs cales: Une raison pour lesquelles les pêcheurs espagnols détestent le pétrole cher est qu'ils naviguent au delà des eaux de l'UE.
Partout dans le monde, les bateaux consomment plus de fuel et les réserves de poissons décroissantes en sont “le moteur principal”, d'après Peter Tyedmers, un économiste à la Dalhousie University au Canada. Les registres de pêche de la Nouvelle Ecosse [province du Canada] qui remontent jusqu'aux années 1930 montre que les bateaux d'aujourd'hui consomment quatre fois plus de carburant pour attraper une tonne de poisson, alors que les moteurs sont beaucoup plus efficace. La plupart des pêcheries qu'il a étudié consomme plus de fuel qu'il y a 50 ans.
Ce sont des questions de commodité. Au Canada, les pêcheurs de hareng peuvent n'utiliser que 30 litres par tonne de poissons pêchés seulement, parce qu'ils jettent les filets plus près de chez eux (c'est une pratique si bon marché que le hareng est utilisé comme un appas pour le homard). Les pêcheurs de Hareng européens consomment 100 litres par tonne, même s'ils utilisaient la même (très économique) technique en jetant une senne coulissante autour d'un banc de poisson. C'est aussi un problème de méthode de pêche. Un chalutier qui tire un filet lourd ou remorquer de longues lignes avec des crochets pour attraper le thon par exemple consomme beaucoup de carburants: Des chiffres comme 3 000 litres de fuel par tonne de poissons sont fréquents .
Beaucoup de flottes européennes sont formées par des choix d'affaires pris quand le diesel était bon marché. Les plus gros chalutiers peuvent fonctionner avec un équipage de seulement 20 persobbes: essentiellement parce qu'ils ont substitué du carburant par du travail. Les Néerlandais ont quelques chalutiers qui sont parmi les plus efficaces au monde pour attraper le poisson plat, en termes de tonnes prises par un navire en un jour—mais ils consomment du fuel à un taux effrayant. A la différence des pêcheurs français et espagnols qui demandent des subsides, Les pêcheurs hollandais savent qu'une telle aide n'est pas sur la table, dit Albert Vermue,directeur de la pêche pour le gouvernement néerlandais. “Subventionner le carburant n'attaque pas le problème à la racine,” dit-il. Les pêcheurs devraient plutôt trouver des manières différentes de pêcher.
Connivence sur le quai
Et la seule exception dans cette liste de propositions horribles? Il vaut peut être la peine d'examiner pourquoi les prix du poisson ont diminué en dépit des coûts croissants. En partie parce que le poisson sauvage est facilement remplacé, privant les pêcheurs de puissance marchande. Quand le poisson européen devient plus cher, les consommateurs peuvent changer pour le panga (poisson-chat) ou le tilapia qui viennent d'Asie, ou simplement acheter du poulet. Mais il y a aussi une bouffée de connivence parmi de grands intermédiaires à quelques ventes aux enchères européennes.
Les pêcheurs devraient être capables de facturer les frais pour leur poissons, mais beaucoup trop perdent de l'intérêt une fois que la pêche est débarqué, d'après un fonctionnaire. Un peu plus de collaboration parmi des pêcheurs en commercialisation et en étiquettant leurs produits de manière conjointe pourrait améliorer ça. Mais les pêcheurs sont chasseurs et individualistes par nature , dit-il; Il est même de dur de faire coopérer des frères d'une même famille de pêcheurs.
Les pêcheurs européens (et leurs descendants) peuvent encore avoir une industrie de la pêche viable. Mais pour en créer une il faudra ignorer leurs demandes d'aides. Le problème est que les coûts élevés du carburants sont structurels, donc une aide temporaire ne fera qu'ajourner la douleur des douleurs dues aux changements. Cela restera vrai, et peu importe combien le nombre de voitures renversées ou de fenêtres brisées à Bruxelles.
finD'après un article (1) de the observer (journal britannique de gauche), paru dans courrier international, qui a envoyé une journaliste pour aller voir la situation en Espagne plus précisemment sur le marché La Boqueria à Barcelone, la majorité des poissons que l'on trouve sur lesont beaucoup trop jeunes. Les maquereaux par exemple n'avaient que la moitié de la taille requise (qui est de 34 cm) et l'on trouvait 10 espèces à éviter d'après le MCS [Marine Conservation Society]: le colin, l'espadon, la lotte, le thon rouge et le cabillaud. Et en plus, un tiers des captures soit 32 millions de tonnes par an est rejetée à la mer.
Ensuite, les pêcheurs ne prennent plus leurs poissons dans les eaux européennes presque complètement vidées mais plus au Sud, en Afrique. Les conséquences économiques et écologiques sont catastrophiques, lisez cet extrait de l'article:
Depuis 1982, l’Union européenne négocie des accords de pêche avec une série de pays africains. En 2002, un rapport de l’UE révélait qu’au Sénégal la biomasse des poissons avait diminué de 75 % en quinze ans. Cela n’a pas empêché Bruxelles de négocier la même année des accords de pêche concernant le thon et des espèces de fond au large du Sénégal pour une durée de quatre ans, pour une contrepartie financière de 16 millions d’euros seulement par an. En 2006, l’UE a obtenu de la Mauritanie des droits de pêche pour 43 gigantesques bateaux-usines, moyennant 86 millions d’euros par an. D’après les estimations, ces accords auraient privé d’emploi 400 000 pêcheurs d’Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, certains ne prennent plus la mer que pour acheminer des candidats à l’immigration vers les îles Canaries.

Cependant, on peut saluer les décisions prises par l'Union Européenne d'avoir interdit le 16 juin la pêche de thons rouges, une frégate pour faire respecter l'interdiction ne sera pas de trop*. Toutefois, l'UE se doit d'agir à longs terme pour préserver le thon rouge, non seulement les quotas sont de 15 àà 30% plus élevés que ceux recommandés par les scientifiques mais le pire, c'est que les pêcheurs passent largement outre ces quotas(2):
Résultat des investigations du commissaire européen : "Nous savons que huit senneurs français ont passé vingt et un jours à pêcher en mer depuis le début de la saison mais n'ont pas déclaré de prise (...). Nous savons aussi que huit senneurs italiens ont déjà dépassé leur quota de 100 % à 240 %." Sur cette base, M. Borg [le commissaire européen à la pêche et aux affaires marines, il est maltais] obtient l'aval des autres commissaires européens pour maintenir sa position : la pêche au bluefin tuna, le thon rouge, doit être suspendue lors du conseil du 24 juin.
L'UE doit continuer de résister face aux lobbys des pêcheurs de thon rouge (3) notamment l'Etat français, elle devrait se préoccuper des autres poissons menacés d'extinctions et supprimer les subventions aux pêcheurs.
Et la situation est urgente (4):
Callum Roberts, spécialiste de la protection du milieu marin à l’université de York (Royaume-Uni), propose de transformer jusqu’à 40 % des océans en refuges permanents afin que les stocks de poissons se reconstituent. D’après lui, une étude réalisée en 2004 estime que le coût annuel d’une telle initiative serait de 9 milliards à 10 milliards d’euros. Un montant qu’il compare aux plus de 22 milliards d’euros par an qui sont dépensés, selon lui, en subventions nuisibles qui encouragent la surpêche. Le cas du banc de Terre-Neuve donne une idée de l’urgence de cette préservation. Malgré le moratoire sur la pêche à la morue en vigueur depuis 1992, on ne voit dans la région aucun signe de reconstitution des stocks. Les scientifiques pensent qu’une fois que les stocks passent au-dessous d’un certain niveau, ils ne peuvent jamais se reconstituer, car tout l’écosystème a changé.
Callum Roberts avait déjà lancé un cri d'alerte en 2003 sur la situation préoccupante de la biodiversité marine en 2003, de nouvelles études avaient montré que 90% des poissons ont disparu des mers et que d'autres espèces étaient menacés car les mesures prises n'étaient pas assez dures (5).
Malheureusement ce ne sont pas les 110 millions d'euros accordés aux pêcheurs français qui vont améliorer les choses puisqu'avec ces subventions, ils ne paieront que 40 centimes le litre contre 75.(6)
Sachez qu'en tant que particulier, vous pouvez agir, la WWF a sortir un guide de consommation du poisson qui
est disponible là: http://www.pourunepechedurable.fr/GUIDE_POISSON.pdf
Ce sont les consommateurs qui imposent leur loi au marché et s'ils plebiscitent des produits issus de la pêche durable, les producteurs et les grandes surfaces seront obligées de répondre à cette demande.
pourunepechedurable.fr est aussi le site français du MSC et je vous invite naturellement à aller signer sa pétition pour la généralisation du label dans les grandes surfaces, les poissoneries, les restaurants et les cantines.
Vous me direz sans doute qu'une pétition est inutile, certes cela ne sert à rien à première vue mais c'est la seule façon de peser. Plus une pétition rassemble de signataires, plus elle rassemble d'électeurs potentiels.
Enfin, la démocratie n'a pas à céder face à une minorité de casseurs qui spolient le contribuable et détruisent l'environnement. La violence d'un groupe sur un autre pour exercer son pouvoir va tout simplement à l'encontre de la démocratie et des valeurs républicaines françaises.
(photographies de manifestation de pêcheurs en Poitou-Charente "une colère malsaine")


Maintenant que des subventions ont été accordées aux pêcheurs, les routiers et les agriculteurs s'y mettent aussi or l'Etat français a déjà un defficit collossal. De plus, il y a des priorités autres que subventionner des individus qui détruisent l'environnement: la recherche écologique en premier, le logement, la santé, l'éducation etc...
sources:
(1) "Comment vider la mer de ses poissons", the observer, courrier international n°918 du 5 au 11 juin 2008
(2) "chasse aux pêcheurs" , le monde, 20 juin 2008
(3)"Bruxelles maintient la fermeture de la pêche au thon en Méditerranée", le monde
(4) the observer, op cit.
(5) "Adieu soles, raies, thons et autres cabillauds ...", the guardian, courrier international n°657 du 5 juin 2003
(6) "Pêche: l'Union Européenne choisit la fuite en avant", Le Temps, courrier international: les titres -27 mai 2008
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander





Whilst EU agriculture ministers are meeting in Brussels today for an
emergency debate on the sharp rise in food and agriculture product prices on global markets, European Liberal Youth (LYMEC) wishes to take this occasion to restate its call for a
disbanding of the CAP and to underline that the global food crisis only strengthens the case for such a reform.

Derniers Commentaires