Depuis un certain 29 mai 2005, les candidats à la présidentielle rivalisent d’eurosceptisme.
Toutes les institutions européennes sont couvertes de critiques, que ce soit de l’UMP ou du PS. Ségolène Royal comme Nicolas Sarkozy dénonce l’impérialisme de la banque centre européenne et Sarkozy a déclaré « ce n’est pas à Monsieur Trichet de gouverner l’économie de la France ». La seule chose que Monsieur Nicolas Sarkozy a oublié, c’est que la BCE est une banque très bien gérée, elle est appréciée par une grande partie des économistes et son efficacité vient justement du fait qu’elle échappe aux magouilles étatiques.
Ce que l’UMPS oublie aussi, c’est que seulement 60% des inscrits ont voté le 29 mai et qu’au final seulement 33% des électeurs ont voté non. De plus, il y a eu l’arrivée de nouveaux électeurs et le départ de certains.
Ce qui est encore plus condamnable, c’est le populisme vis à vis de l’Europe.
55% de nos exportations sont destinées à l’Union Européenne, couper les liens avec l’UE serait donc suicidaire.
Les médias ont leur part de responsabilité, ils ne s’intéressent en rien à l’Europe et ne font aucun reportage sur le mécanisme des institutions européennes qui auraient pourtant besoin d’être expliquer vu leur complexité, surtout que peu de mondes même dans la classe politique est ignorant sur le pouvoir réel de l’Europe.
Il serait temps d’être moins hypocrite, ce n’est pas sans cesse la faute de l’UE, soit on se plaint de la commission européenne qui intervient trop, soit elle intervient pas assez.
N’oublions pas les grands projets comme airbus qui n’auraient jamais pu naître sans l’Europe, nos entreprises sont insérées dans le marché européen, ce qui leur permet un meilleur développement. Ce n’est pas le seul problème.
Parlons encore moins de l’échec du traité constitutionnel européen, la campagne du côté pour le Oui a été un échec à tous les niveaux. Il y a eu un énorme malentendu, le TCE n’est pas une constitution mais un traité qui a pour vocation d’unifier tous les traités européens pour plus de clarté. Ce n’est en rien une constitution, c’est juste un traité unique qui rassemble tout en un pour que le droit européen soit plus simple, en effet, ce n’est pas très pratique de chercher dans 20 traités différents. Surtout qu’on ne sait pas toujours au quel faire référence.
La partie III qui portait à polémique n’était en rien nouvelle, elle ne reprenait que les traités d’avant. Les quelques modifications qu’apportaient le TCE étaient un vote à la majorité au conseil européen et un renforcement du pouvoir législatif européen.
Certains ont condamné le fait que le parlement européen ne peut pas proposer de lois, d’abord dans le droit européen, on parle de directives, et le parlement européen a un rôle consultatif.
Il donne son avis sur la politique de la commission européenne et sur les différentes directives de cette dernière.
L’autre grande réforme du TCE était que le président de l’UE soit élu pour deux ans par le conseil européen et la commission européenne.
Autre inconvénient du TCE, signature du gouvernement turque, cela ne pouvait semer que la confusion au près des électeurs, d'ailleurs celle-ci n'avait aucune légitimité pour signer le traité constitutionnel européen, elle n'est même pas membre de l'Union Européenne.
Mettre un mini traité comme le veut Sarkozy ne veut rien dire, le problème n’est pas tant dans le fonctionnement des institutions européennes mais surtout dans l’éparpillement juridique. Si on doit refaire un autre TCE, c'est obligé qu'il ressemble au moins à 90% à l'ancien.
Un élève ne peut avoir que de bonnes notes que si ses cours sont rangés dans des classeurs avec des intercalaires, si il a des feuilles libres qui trainent dans tous les sens, ça n’ira pas.
C’est la même chose pour les traités avec l’Union européenne.
L’Europe a besoin de nous certes mais nous avons aussi besoin d’elle, l’Union fait la force.
Rappelons-nous des réussites européennes.
En parlant de réussite, abordons l’euro. 52% des Français jugent l’introduction de l’euro négative. Il y a de quoi comprendre leur colère, l’inflation a été énorme sur les produits de base notamment sur les produits de base, par exemple le café a grimpé de 120%. Cette hausse des prix ne seraient pas liés qu'au changement de monnaie. Voilà un extrait d'une traduction d'un article du journal the independant sur l'europe: Mais faut-il blamer l'euro? Certainement pas. La monnaie européenne n'a eu que des effets limités sur les loyers (+30% en cinq ans) ou l'immobilier (+90%). Les hausses moins bien vécues (+46% pour le tabac, +19% pour l'électricité) sont imputables à des augmentations de taxes, à la météo ou encore aux lois du marché (+130% pour les pommes de terre). Dans le cas du pétrole, la fermeté de l'euro face au dollar a même atténué pour la zone euro la flambée mondiale des prix. Par ailleurs, depuis cinq ans, certains commerces (cafés et boulangeries notamment) ont eu la main lourde. Il y a cinq ans, les Français auraient sans doute refusé et comparé les prix; aujourd'hui, ils haussent les épaules et accusent l'euro. Même les deux principales candidats à l'élection présidentielle versent dans la diatribe anti-euro (et anti-Europe). En fait l'euro paie aujourd'hui le prix des vertus exagérés qu'on lui a attribuées lors de son lancement en 2002. Les français comme le maire* de Mhère°, sont manifestement de plus en plus nombreux à préférer se regarder le nombril. * En français dans le texte
° Mhère est une ville de Slovénie, depuis que ce pays a adopté l'euro, il est dans la même euphorie que la France en 2001
On touche un autre problème, les vertus exagérées qu'on a attribué à l'euro.
Il était évident que l'euro n'allait pas résoudre tous nos problèmes et que c'était surtout un avantage technique pour nos entreprises. L'euro a pour but de faciliter les échanges entre pays européens, ce qui ne peut nous être que profitable pour dynamiser notre économie.
Le problème du ralentissement économique vient du fait de notre système économique inadapté avec des charges salariales trop lourdes et un marché du travail trop rigide.
Le problème du chômage élevée et du ralentissement économique existait bien avant l'euro. L'euro n'en n'est nullement responsable.
Il est temps que les politiques se prennent en main pour construire un projet européen crédible. Les pro-européens ne doivent pas se décourager, la route est longue et dure mais on y arrivera. Il faut être direct, dire les choses comme elles sont et ne pas refaire les erreurs du passé comme au référendum du TCE.
Etienne, qu'est-ce qui te permet d'affirmer que les idées souverainistes imposent l'arrêt de nos exportati ns en Europe ou même le démantèlement des groupes européens ? Airbus n'a pas grand chose à voir avec les institutions européennes et ne représente, au passage, pas la panacée industrielle comme en attestent ses difficultés.
Les Etats-Unis sont un partenaire économique très important pour plusieurs pays européens et ne font pas partie de l'Union européenne !
Aucun mouvement politique en France ne remet en cause l'existence d'une zone de libre-échange européenne ni l'opportunité d'une coopération européenne. La question est de savoir si notre coopération doit signifier l'abandon de notre souveraineté à Bruxelles ou non.
etienneb, tu énonces des préjugés, et non pas des réalités. Comment peux-tu affirmer que les partis souverainistes souhaitent mettre un terme à la zone de libre-échange européenne, qui, soit dit en passant, dépasse le cadre de l'UE ?
Il faut que tu t'informes. Rien ne permet aujourd'hui de dire qu'un changement de cap brutal de l'UE, promu par la France et visant à enterrer le projet fédéraliste conduirait à la chute du commerce entre les pays européens. L'affirmer relève de la propagande.
tu parles de bêtes questions de patriotisme, je te prie de manifester un peu plus de respect pour les centaines de milliers de Français qui sont morts pour cette "bête idée" qui te permet de vivre aujourd'hui dans un pays riche, gouverné par un Etat de droit.
Bravo pour votre blog.
Je me permets de vous signaler le mien, de tendance libérale :
http://legauchisterepenti.oldiblog.com
librement votre
Salut Etienne,c'est Thomas.J'ai changé de blog, maintenant c'est celui-là: http://construirensemble.oldiblog.com/
j'ai rajouté ton adresse comme lien.Je te serais reconnaissant de faire de meme pour le mien.Merci
40 professeurs d'Université ont jeté un pavé dans la mare en publiant il y a un mois une lettre ouverte au Président de la République (ici, deuxième partie de la page). Ils mettent en garde contre une dérive normative communautaire "gravement attentatoire à la démocratie puisqu'elle retire aux législateurs nationaux tout pouvoir". Ces professeurs mettent en garde contre une "entreprise qui, par sa portée, dépasse en gravité tous les excès de pouvoirs auxquels, hélas, les autorités communautaires se sont désormais habituées." :
"Dans une démocratie organisée selon les principes de l'Etat de droit, une règle n'est légitime que si elle émane d'une autorité investie du pouvoir de l'édicter. [Or] comme on l'enseigne aux étudiants de première année des facultés de droit, sinon déjà aux collégiens dans leurs cours d'instruction civique, ce n'est qu'à cette condition qu'elle est une règle de droit et mérite donc obéissance".
Evoquant un "excès de pouvoir manifeste" de la Commission de Bruxelles, ils préviennent qu'
"ils ne pourront plus longtemps se résoudre à se déshonorer, dans leurs écrits comme dans leurs enseignements, en affectant de tenir pour du droit ce qui n'en est évidemment pas."
Ils demandent en conclusion au Président de la République de "rappeler aux institutions de l'Union européenne que le Traité CE ne lie la France que tel que le Conseil constitutionnel en a autorisé la ratification et non pas tel qu'elles veulent le comprendre".
L'UE a la légitimité que lui donne les gouvernements des Etats qui la constituent. Or, il ne t'aura pas échappé que la Commission, qui n'est pas un organe élu, dispose du monopole de la proposition législative. C'est comme si, en France, seules les administrations pouvaient proposer des lois !
Par ailleurs, la philosophie de l'UE est censée être la subsidiarité, c'est-à-dire l'intervention des institutions européennes dans la seule mesure où celle des Etats serait moins efficace. Or, c'est le noyau supranational de ces institutions, la commission qui est de facto juge de ce principe. Juge ET partie prenante...

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il faut en effet fustiger les politiques qui crachent dans la soupe, c'est-à-dire ceux qui ont signé les traités ou se sont prononcés en leur faveur mais dissimulent leurs erreurs en accusant Bruxelles ou Francfort.
Il est par contre intéressant d'écouter les arguments des vrais eurosceptiques, qui de façon constante critiquent autant les institutions européennes que ceux qui leur ont transféré des pouvoirs !
Si la France tient encore en place, c'est grâce à l'Europe.