Dans un article intéressant, the economist analyse pourquoi le pouvoir d'achat en France est plus faible que dans le reste de l'Europe. La conclusion est simple manque de concurrence.
Vous pouvez lire l'article en anglais sur le site de the economist:
Purchasing-power disparity
Mais je vous ai fait une traduction sommaire en français:
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Le coût de la vie en France
Disparités du pouvoir d'achat
15 mai 2008 | PARIS
De l'édition imprimée de the economist
Les consommateurs français veulent des prix plus bas mais pas plus de concurrence
Alamy Un mode de vie coûteux
QUE le café ou les cornflakes soient moins chers dans les supermachés allemands que dans les supermarchés français n'est pas bon signe. Que les produits
français comme le yaourt de Danone, l'eau de Vittel ou les fromages de Riches Monts sont trop chers est offensant. Un pagnet de mêmes produits coûte 30% plus cher en France d'après une
étude du quotidien La Tribune
L'augmentation des prix du pétrole et de l'alimentation mécontentent les consommateurs de toute l'Europe. En France, les problèmes à propos du pouvoir
d'achat font l'objet d'un débat particulièrement houleux. L'impopularité du président Nicolas Sarkozy doit beaucoup au fait qu'il n'ait pas réussi à augmenter le pouvoir d'achat
comme il l'avait promis. L'inflation au plus haut depuis 17 ans n'est pas le seul problème. Cette semaine, Nicolas Sarkozy s'est rendu dans une usine de yaourt de l'entreprise Yoplait et
à déclarer "qu'il n'y avait aucune raison pour que nous ayons les prix les plus hauts d'Europe".
Si les électeurs veulent des prix plus bas, ils sont moins enthousiastes pour qu'il y ait plus de concurrence. Christine Lagarde, la ministre des finances
est en train de promouvoir une nouvelle loi pour instaurer plus de concurrence dans la grande distribution. Il serait plus facile de construire hors de la ville des hypermarchés et la règle
empêchant les distributeurs de vendre à perte serait abrogée. Dans beaucoup d'endroits, les hypermarchés ont un monopole de facto et sont protégés de la concurrence d'un autre hypermarché
ou des hard discounts, qui représentent seulement 13% des grands distributeurs alimentaires contre 30% en Allemagne. Les hypermachés ne peuvent pas non plus négocier librement avec les
fournisseurs, ce qui d'après les distributeurs permet aux grandes marques d'imposer des prix élevés.
Mais pourquoi les consommateurs ne sont-ils pas contents de la nouvelle loi? Les Socialistes disent que les périphéries des villes historiques seraient
détruites. Des députés dans le propre parti de Nicolas Sarkozy, démarchés par les producteurs alimentaires et les petits commerçants, veulent diluer le texte. Dans une enquête d'opinion
d'IFOP qui demande à la population qu'est ce qui augmenterait leur pouvoir d'achat, seulement 42% optent pour plus de concurrence dans la grande distribution. 85% préfèrent une diminution
des taxes sur la vente et 72% une augmentation du salaire minimum. Le scepticisme à propos de la concurrence est profondément enraciné allant d'une influence persistante du marxisme à la
peur du capitalisme américain qui briserait le mode de vie français. Surtout, les électeurs voient la concurrence à travers les yeux des producteurs -comme une menace pour les emplois et
l'usine- plutôt qu'en consommateur.
Cela pourrait expliquer pourquoi la nouvelle loi de Madame Lagarde ne touche pas aux autres secteurs réglementés comme les pharmacies, les taxis et les
notaires. Les Supermarchés ne sont pas encore autorisés à vendre des produits pharmaceutiques délivrés sans ordonnances. E.Leclerc, un géant de l'hypermaché, a été récemment trainé en
justice par les pharmaciens pour avoir fait passer une publicité à la télévision disant qu'il pourrait vendre moins cher les médicaments domestiques beaucoup moins cher s'il avait
l'autorisation de le faire. La décision de la justice qui avait condamné la publicité a été renversée en appel. Mais le monopole des pharmaciens existe toujours - avec Monsieur Sarkozy
lui-même qui exclut tout changement pour la raison que les pharmacies ne représentent pas un commerce mais un "service public".
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Les prix sont 30% plus élevés en France, le problème identifié par
The Economist est simple: le manque de concurrence. Un marché s'autorégule
parfaitement quand 5 les conditions de concurrence pure et parfaite (CPP) sont atteint:
- la transparence: l'information de tous les acteurs du marché est parfaite, immédiate et sans coût
- l'atomicité: il existe un nombre d'acteurs assez grands pour qu'aucun ne dispose d'un poids suffisant pour influencer les conditions du marché.
- homogénéité: tous les biens qui satisfont un besoin particulier sont considérés comme identiques par les acheteurs, quelles que soient leur origine et l'identité du
producteur.
- parfaite mobilité des facteurs: le travail et le capital peuvent se déplacer instantanément et sans coût d'une activité à un autre.
- libre-accès au marché.
Bien sur, ces conditions ne sont jamais totalement atteintes sauf à la bourse mais on peut toujours s'en approcher, ainsi on approchera l'équilibre.
Cependant, les supermarchés vendent plusieurs produits et contiennent et sont donc sur plusieurs marchés.
Là, nous nous intéresserons à troispoints de la CPP, l'atomicité, parfaite mobilité des facteurs et le libre-accès au marché.
La législation restreint ces deux points, les hypermarchés, les notaires, les pharmaciens et les taxis se retrouvent en situation oligopolistique (
Forme de marché dans
lequel un très petit nombre d'entreprises ont le monopole de l'offre d'une marchandise ou d'un service et sont ainsi soustraites au régime de libre concurrence) et peuvent alors imposer des prix
élevés. Ainsi, ils font du profit sur le dos des consommateurs, ce qui n'est pas tolérable.
Si la concurrence était plus ouverte, ils seraient obligés de pratiquer des coûts bas sinon ils perdraient des parts de marché par un concurrent réel ou potentiel.
Or évidemment, plus de
concurrence, c'est moins de profit et donc c'est moins bon pour les entreprises à première vue puisque dans une situation de CPP, on tend vers un profit nul.
Et pour tenter de faire un profit supérieur, les entreprises essaient d'échapper à l'équilibre stable imposé par la CPP en innovant ou alors en s'appuyant sur des réglementations qui restreignent
la concurrence.
Il existe donc des lobbys importants pour maintenir ces lois, l'exemple le plus probant est celui des taxis ont fait des démonstrations de force quand Attali a proposé de libéraliser le
secteur.
La concurrence oblige les entreprises à pratiquer des prix bas et ainsi, on atteind plus facilement le prix d'équilibre et le consommateur s'en sort gagnant.
La preuve est que la France avec une concurrence limitée, les prix sont beaucoup plus élevés.
Enfin, dans la même optique, les grands distributeurs doivent pouvoir négocier librement avec leurs fournisseurs.
C'est là aussi qu'on obtiendra les prix les plus bas, avec la concurrence des hypermarchés, pour garder leurs parts de marché, les distributeurs seront obligés de répercuter la baisse sur les
prix.
Certains me diront que les petits fournisseurs seront en difficulté et qu'on risque de perdre des emplois.
La réponse est non, l'équilibre stable de la CPP qui mène à un profit nul ne mettra pas en doute les fournisseurs sauf s'ils ne sont pas assez compétitifs. Mais ça, c'est la loi du marché qui
permet d'obtenir une allocation optimum des ressources, ainsi seules les entreprises compétitives s'en sortent et si des fournisseurs chutent à cause de la libéralisation, elles pourront prendre
leur part de marché, grossir et alors embaucher du personnel.
Enfin, dans nos pays voisins où la concurrence est plus libre, le chômage est même au contraire plus bas que chez nous. La concurrence n'est pas nuisible pour l'emploi et elle peut être au
contraire créatrice d'emplois.
Prenons l'exemple des notaires qui sont peu nombreux et en situation d'oligopoles.
Une libéralisation permettrait la création de nouvelles études, ce sont donc de nouvelles entreprises qui vont apparaître créant ainsi des emplois.
Pour répondre à la demande, les entreprises doivent pouvoir s'installer partout, ainsi il ne doit pas y avoir d'obstacles pour qu'il y ait des pharmacies dans les super ou les hypermarchés.
Les grands distributeurs sont de grosses centrales d'achat ainsi en achetant des médicaments en masse, ils pourront avoir des médicaments moins chers et les vendre donc à des prix plus
intéressants.
Augmenter la concurrence est une solution simple qui ne demande pas d'argent public, qui augmente le pouvoir d'achat et l'emploi seulement il faut savoir passer outre des lobbys et des
corporatismes de certains qui tiennent à leurs profits.
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