J'écris cet
article pour réagir à cet article du monde: Sur internet, les blogueurs écrivent leur désarroi après le revers du MoDem
A première vue, l'élection municipale est un échec pour le MoDem: Bayrou a perdu à Pau face à la droite et à la gauche alors qu'il était le favori et les maires étiquettés MoDem ont souvent été
élus grâce aux vieilles alliances avec l'UMP.
En plus, une bonne partie de l'électorat n'a pas compris le système des alliances du MoDem au cas par cas.
Comme si l'UMP d'Orange avec Mariani était identique à l'UMP de Saint Etienne mené par le PRV.
D'un second point de vue, le MoDem a fait 15,9% au premier tour dans les villes où il s'est présenté.
Ce qui est franchement bien pour un nouveau parti qui a pu peser au second tour.
Le MoDem a des conseillers municipaux dans la plupart des villes et à Dijon et Bordeaux par exemple, il est dans la majorité municipale.
350 listes autonomes du Modem dans les villes de plus de 10.000 habitants, avec des pointes entre 16% et 32% dans plusieurs villes. Le MoDem a gagné 34 villes de plus de 10.000 habitants, 15 au
premier tour et 19 au deuxième, et y a recensé près de 1100 élus, un bilan jugé positif.
Le MoDem est donc bien devenu la troisième force politique du pays et a réussi à s'enraciner avec des groupes de militants locaux.
Ce n'est pas maintenant qu'il faut partir et je ne peux que me désoler quand je lis ça:
Dans ce mouvement peu structuré, les échanges Internet sur la blogosphère témoignent du désarroi des militants. "Désolée, je n'arrive plus à
faire semblant d'y croire, écrit ainsi Laure Leforestier, adhérente de Seine-Maritime issue de la cuvée 2007. Ces élections municipales se sont révélées une farce pour le MoDem, ou une
tragi-comédie (...). Le bilan est pathétique. Même si certains veulent encore y voir l'émergence d'une nouvelle force politique, je crois que le citoyen électeur retiendra surtout que,
pour un parti qui disait vouloir faire de la politique autrement, le MoDem aura été le champion de la cuisine électorale." Elle signe sa démission d'un "bon courage à ceux qui
restent".
Je comprends la déception de cette ex-militante face à la difficulté mais construire un parti ne se fait pas du jour au lendemain. La SFIO créée en 1905 n'a été qu'au pouvoir en 1936, De
Gaulles a du attendre 10 ans après la création de son parti pour accéder au pouvoir etc...
Si ça se trouve, le Mouvement Démocrate saura au pouvoir dans très longtemps, d'ailleurs en politique, il ne faut pas oublier que l'action ne s'inscrit pas seulement dans le présent, elle s'inscrit
dans l'histoire.
Comme dit Christophe Ginisty, conseiller municipal d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine):
"En ce lendemain de ce que nous devons appeler une déception au MoDem, je lis des notes désabusées de militants emblématiques de cette "génération 2007" prêts à
claquer la porte du mouvement, écrit-il, avant de les exhorter à persévérer. Faire de la politique, ce n'est pas prendre la carte d'une salle de sport, faire deux mois d'abdos-fessiers
avec toutes les bonnes intentions du monde puis passer à autre chose à la première occasion venue."
N'oublions pas que l'année prochaine, ce sont les élections européennes avec un scrutin proportionnel donc beaucoup plus favorable.
Le PS et l'UMP essaieront de garder leur électorat eurosceptique pour éviter des fuites.
C'est pourquoi le MoDem doit être le fer de lance du mouvement proeuropéen avec un projet clair et ambitieux pour l'Europe. Le Parti Démocrate Européen (PDE) va mener une campagne unique, nous
devons en profiter c'est une chance. Il faudrait aussi organiser un meeting géant à Bruxelles qui regrouperait tous les partis de l'Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe (ADLE).
Je suis convaincu que le MoDem peut dépasser les 20% au niveau national aux prochaines élections européennes.
N'oublions pas que les régionales qui seront en 2010 fonctionnent aussi à la proportionnelle avec une prime majoritaire de seulement un quart des sièges. Si le MoDem fait de bon score, il deviendra
un partenaire obligé pour former des coallitions dans de nombreuses régions.
Enfin, il faudra aussi mener une réflexion de fonds sur l'organisation du MoDem et faire un bilan de ces municipales dans chaque département comme l'a souligné Bayrou récemment:
Bref, vous l'avez compris, la conclusion est: Ne perdons pas espoir:
"Priorité au projet et à l'organisation du MoDem"
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