Récemment, je suis tombé sur un vieux magazine dans un vieux placard, le hors série numéro 1 de
Atlantica Magazine sorti
en 1999.
Je regarde la une et j'aperçois: "
Jacques Chancel : radioscopie de François Bayrou"
A l'époque, François bayrou est président du conseil général, député et président de l'UDF depuis un an.
Intéressé, je lis l'interview et je remarque que les propos qu'il tenait il y a 9 ans sont les mêmes qu'aujourd'hui et parlait déjà de voix alternative:
"
Nous devons construire la force politique nouvelle que la France du XXIeme siècle. Nous devons réhabiliter l'engagement politique. [...] il nous faut reconnaître que la force politique des
temps nouveaux n'existe pas. J'aimerais la construire. Et entraîner sur ce thème une majorité de Français. Car l'échec d'aujourd'hui tient au désintérêt général et à l'indifférence des citoyens à
l'égard des institutions. Les enjeux vitaux, les véritables ambitions sont aujourd'hui volées, rendues presque illisibles, derrière les rivalités et les querelles de persobbes. La dévalorisation du
politique est la traduction de cette déception. Nous devons nous garder de ce péril qui peut être mortel pour la démocratie".
Nous concèderons que cette analyse n'était pas erronée trois ans avant le 21 avril 2002.
Bayrou a aussi défendu son bilan de président du conseil général:
"
Alors qu'ai-je fait pour [les Pyrenées-Atlantiques]? Il est difficile de répondre à cette question.
Je pourrais faire la liste des équipements de toute nature, autoroutes, tunnels, construction d'un réseau d'universités, installation de plusieurs centres de recherches qui touchent à
l'environnement.
Mais il y a encore plus important:
avoir fait des Pyrenées-Atlantiques un laboratoire pour une politique différente. J'ai toujours pensé que des gens aux opinions différentes devaient, en toutes circonstances, travailler
ensemble. Et ici, les projets sont pris en charge par tous les responsables quelles que soient leurs idées politiques. Seule compte notre région et les petites batailles, dès lors, ne sont plus
qu'un jeu".
Vous ne rêvez pas, Bayrou prônait déjà l'ouverture en 1999.
On ne peut donc accuser Bayrou d'opportunisme en ayant sorti cette idée récemment pour surfer simplement sur un consentement. Et on peut voir qu'il a déjà appliqué cette "doctrine " (en
guillemets car je ne pense pas que c'est ce mot qu'aurait choisi François Bayrou ^^) au conseil général.
On notera aussi cette idée assez intéressante:
"le découpage des régions n'est pas le bon: Aquitaine et Midi-Pyrénnées devraient être réunis dans une région".
Pourquoi pas, une région regroupant tout le Sud-Ouest aurait un impact économique et politique important.
Et il est clair que nous devons envisager un développement commun au lieu de faire tout séparément.
Pourquoi avoir deux petits aéroports, un à Pau et un à Lourdes alors qu'on aurait pu avoir un seul et unique superbe aéroport à Soumoulou ou dans les environs.
Je terminerai par cette réponse tout à fait dans le style de Bayrou qui lui n'aura pas beaucoup changé non plus:
"J.C:
Quelles différences peut-on noter dans les charactères basques et béarnais?
François Bayrou:
Elles sont nombreuses mais je suis enclin à les mêler dans un contexte atlantique, même si de Pau, l'Océan est encore loin. Ce que j'ai toujours admiré chez le Basque,
c'est la force de sa foie absolue dans le domaine religieux et politique. Il y a chez lui un aspect granitique. Pour lui, les choix sont toujours tranchés: blanc ou noir. Le Béarnais est, lui,
toujours sceptique, comme s'il savait que toute médaille a son revers. L'ironie est chez lui une seconde nature, comme une sorte de politesse. Son intelligence est ennemie des certitudes. Il y a
chez les Béarnais, une manière de s'engager qui ne laisse jamais de doute sur leur sentiment. Je suis un peu comme cela. Mais, dans ma famille, heureusement, nous savons mélanger les genres. Si je
suis un produit pur Béarn, ma femme est née à Bayonne d'une vieille famille boucalaise avec des racines à Bidache, à Hasparren, à Saint-Pée-Sur-Nivelle. Nos enfants sont vraiment
basco-béarnais !
C'est peut-être pourquoi j'aime tant les Pyrénées-Atlantiques."
François Bayrou est resté le même et tant mieux.
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