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On nous fait sans cesse l'éloge du système scandinave: la "flex-sécurité".
On nous rabache les bienfaits de la forte imposition pour permettre un fort système social et notamment le revenu à vie ainsi que la flexibilité qui donne une grande souplesse aux entreprises. Les
chiffres qui nous sont donnés sont excellents pour la plus part, ces pays affichent une activité dynamique rayonnante mais qu'en est-il réellement?
La toute première chose que nous pouvons apercevoir est la faible population de ces pays.
En Suède 9 millions d'habitants, Norvège 4,6 millions, Danemark 5,4 millions et Finlande 5,2 millions d'habitants.
La première constation est donc cette faible population, rappellons qu'en France il y a 62 millions d'habitants. Beaucoup d'économistes ont conclu que la première raison du faible taux de chômage
dans ces contrées est que la population résidant dans ces pays est peu nombreuses.
Maintenant analysons ces pays un par un. Toutefois avant de comparer, je vous laisse regarder un article sur l'économie français
ici.
En premier la Norvège, elle est l'enblème du système scandinave. Ses résultats sautent aux yeux avec un chômage de 2,5% (chiffres de mai 2006), on prévoit une croissance de 3% en 2006.
La Norvège vit surtout de l'exportation des matières premières en particulier du pétrole:
PIB de la norvège par secteur
20% de son PIB environ dépend du pétrole et a notamment un fort service public, on y constate une agriculture et une industrie lourde en déclin. La Norvège est un pays lointain et a un fort
taux d'imposition et n'attire donc pas les investisseurs étrangers sauf les pétroliers.
21,4% du PIB vient des matières premières et 19,6% du service public, au total cela représente 41% du PIB, ce qui est absolument énorme. La production industrielle ne représente que 9,2% du PIB
contre 19,6% en France.
On peut conclure que sur la Norvège, l'économie de ce pays dépend avant tout des matières premières, que l'industrie est faible et donc n'a pas une économie très dévellopé.
La Suède, autre exemple florissant du système scandinave cité. Mais déjà quand on regarde les chiffres, c'est moins bon. Le taux de chômage est à 5,4% contre 4,5% au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.
Le rapport de l'OCDE sur le bilan de l'année 2005 en Suède n'est pas d'un grand optimisme. Le rapport de
l'OCDE constate une Suède qui peine un peu et qui n'est pas aussi rayonnante qu'autrefois. Mais la Suède affiche des excédents et non un deficit comme chez nous.
Pour vous faire une idée, eux se fiche comme objectif un excédent budgétaire de 2%, en France on veut ramener le déficit budgétaire à 2%. Les dépenses de l'Etat Sudédois restent élevés 57,6% du du
PIB, comme nous allons le voir les dépenses publiques peuvent encore être diminuées et la fiscalité allégée pour rendre la Suède plus attractive. Les jeunes suédois âgés de 18 à 24 ans ne cessent
de cumuler CDD à répétition et chômage.
Nous retenons donc d'apprès ce rapport, plusieurs choses:
- congés maladies trop fréquents à cause la trop grande générosité du système
- congés réduisant trop les heures de travail
- l'emploi est à dynamiser. Départ à la retraite trop tôt, difficulté à changer d'emploi et intégration trop tardive des jeunes dans la vie active.
- Argent public mal utilisé dans certains domaines, l'Etat suédois peut mieux faire.
Les collectivités locales ne font pas assez jouer la concurrence ainsi que la sous-traitance, rendant plus coûteux les services publics rendus.
- Le système de santé est à améliorer, certes il reste quand même le meilleur du monde.
L'économie de la Suède reste elle aussi peu dévellopée et dépend beaucoup des matières premières. Regardez ça
ici, le lien est
très intéressant.
Les richesses minérales et l'énergie hydro-électrique constituent la base de l'économie suédoise et ne cesse d'être revaloriser. Malheureusement, pas toujours au profit de l'industrie.
Je vous donne un lien vers un excellent article du Mises Injstitute qui démonte le myte sudéois
ici
Le Danemark, petit pays qui a pour réputation d'être un pays commerçant. C'est l'un des pays scandinaves le plus peuplé, contrairement aux autres il est densemment peuplé à cause de sa faible
superficie. Les deux tiers du PNB du Danemark proviennent des services. Le Danemark profite pleinement des recettes du tourisme. Les dépenses de l'Etat danois sont équivalentes à 53% de leur
PIB contre 53,6% pour la France. Le Danemark dépense autant d'argent que la France mais est beaucoup plus compétitif que cette dernière. Tout d'abord, il n'y a aucune différence à travailler dans
le public ou le privé, il n'y a aucun avantage à être fonctionnaire et l'efficacité est recherché par les services publics danois. Le code du travail est claire et limpide permettant une réelle
compréhension et négociation entre le patronnat et les syndicats représentatifs de la population. Le Danemark est celui qui a les meilleurs prévisions pour l'avenir, tout simplement car son
économie n'est pas basée sur les matières premières et qu'il a su s'adapter.
Ce rapport de l'OCDE
publié le 9 mai dernier montre quelques points noirs:
- le nombres d'heures travaillées restent faibles pénalisant la production danoise. (37 heures par semaine en moyenne)
- système des retraites à réformé, trop lourd et pesant pour le contribuables danois. Trop de départs en préretraites qui augmentent les coups du système de répartition. D'ici
2040, un tiers de la population danoise devrait avoir plus de 62 ans, soit l'âge de la retraite là-bas. Et comme le nombre d'heures travaillésest faible et le nombre de congés énormes ( 40 semaines
par an avec tous les congés possibles, maladies, maternité, etc...). Il faut que l'Etat danois supprime le taux marginal supérieur d'imposition à 63% qui s'applique à 40% des
travailleurs à plein temps.
- l'Etat danois doit mieux utiliser et renforcer le capital humain. Idem trop de sous dépensés concernant les études, abus des étudiants. Cela incite à l'oisiveté et à quitter le
pays une fois le diplôme obtenu. Manque de flexibilité sur le marché du logement.
Même constat que pour la Suède, les dépenses peuvent aussi être diminuées.
Toutefois, le Danemark reste le meilleur exemple du système scandinave avec une économie dévellopée non basée sur les matières première.
La Finlande, déjà par l'apparence peut être répertorié comme un semi-échec. 7,7% de chômage, ce qui reste énorme et le chômage des jeunes restent élevés.
Le rapport de l'OCDE indique quand même une croissance de 3% et une inflation de 1% seulement. La Finlande comme
le Danemark ne vit pas essentiellement de l'exportation des matières premières, elle vit des services qui représentent 67,5% du PIB et d'un secteur secondaire très fort: 29,6% du PIB.
Voir ici tous les chiffres ici sur la finlande.
Les entreprises finlandaises pour éviter de payer des charges trop conséquentes font venir des employés estoniens qu'elles font travailler au noir. 70% des ouvriers estoniens sont payés au noir. Ce
nombre est absolument faramineux. L'économie finlandaise dépend trop de Nokia, 5% du PIB provient des recettes de Nokia. Les dépenses de l'Etat finnois sont identiques à celle de la France,
la libération fiscale est donc le 16 juillet comme nous pour cette année.
La Finlande peut donc baisser ses dépenses publiques et baisser les charges pesant sur les salaires pour diminuer le travail au noir ainsi que le chômage.
Que peut-on prendre à ces pays?
Un anti soc/dem répondra tout simplement rien. Faux, les pays scandinaves ont une
très bonne gestion des services publics et les fonctionnaires n'ont pas d'avantages et un statut à part.
Le régime d'allocations chômage est beaucoup plus exigeant envers les chômeurs, il y a une meilleur coopération entre les organismes distribuant les allocations au chômage et ceux qui cherchent
l'emploi. Le chômeur se voit obliger de chercher de l'emploi et se voit proposer des offres d'emploi en rapport avec son cursus, au bout de 3 refus les allocations sont supprimés.
Ce qui empêche l'importation de ce système
Tout d'abord, il y a la faible population. Comme la population est
beaucoup moindre, cela leur permet d'instaurer un système social qui pénaliserait une nation plus grosse.
Les pays du nord tirent leurs bas taux de chômage en grande partie du manque de main d'oeuvre et que les investissements dans ces pays requierent plus d'emplois qu'il y a actuellement de
population. Et encore, la Finlande est bien à 7,7% de chômage.
Cette faible population qui permet un taux de chômage bas est repris là-bas par l'extreme-droite qui fait des scores énormes, 22,1% en Norvège et le parti du peuple danois est parvenu à imposer son
agenda à la politique danoise. Les résidants l'ont très bien compris et refusent le multiculturalisme. La législation danoise est une des plus limitatives d'Europe sur l'immigration.
Concernant la Suède et la Norvège, ils vivent surtout des matières premières et malheureusement pour les Norvégiens l'or noir est éternelle et ne doit pas se laisser aller.
Ensuite, les systèmes de retraite par répartition ne peuvent pas survivre au vieillissement de la population, au Danermark en 2040 un tiers de la population aura plus de 62 ans soit l'âge de la
retraite là-bas. Il faut donc favoriser la capitalisation et vite pour éviter que ça s'effondre.
En Suède, les jeunes ont une situation très précaires et enchaîne CDD et chômage à répétition, beaucoup de gens sont exclus du marché du travail et les résultats de l'école plutôt médiocres.
Certes, cela concerne avant tout la Suède mais c'est aussi présent dans les autres pays du système nordique.
Ensuite, il y a la mentalité qui va avec. Le système danois compte beaucoup sur le civisme des citoyens, or les Français sont beaucoup trop indisciplinés. Ainsi en réponse à la question:
Pensez-vous qu'il peut être quelquefois justifié de réclamer des transferts publics auxquels vousn'avez pas droit?
88% des Danois répondent jamais contre seulement...
38% des Français!! Un pourcentage qui la situe à la 23eme place des pays classés juste devant la Slovaquie (36%) et la Grèce (22%).
Les scandinaves sont beaucoup plus compréhensifs aux réformes du gouvernement visant à adapter le pays à la situation. Là-bas, les syndicats appuient les réformes des gouvernements visant à
assouplir les règles du marché du travail alors qu'en France à peine, on modifie un truc, cela déclenche un grève. Il y a une véritable volonté de la population à faire bouger les choses avec des
syndicats représentatifs et pragmatiques. Un exemple, le Danemark où les règles sur le licenciement sont très souples voir plus qu'au RU ou au Luxembourg sont soutenus par les syndicats. Le
gouvernement n'intervient pas et laisse les syndicats et les patrons négocier.
Alors qu'en France, quand il y a une entreprise de 200 personnes qui ferment, on en appelle au gouvernement, là-bas, c'est les syndicats qui négocient.
La conclusion est donc qu'on peut copier sur la gestion du personnel, c'est à dire la recherche de l'efficacité et même si le nombre est important, il y a juste le minimum. Les pays scandinaves
nous ont appris qu'on peut améliorer la qualité du service public en dépensant moins.
Les fonctionnaires sont mis dans les mêmes conditions que les employés du privé.
Et enfin, la flexibilité et un code du travail compréhensible permettant de négocier et d'avancer sereinement.
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